Le blocus des lycées entre dans sa quatrième semaine. Lecornu fixe cinq chantiers, un adolescent perd une main à Lens
Entre 400 et 500 lycées ont suspendu les cours vendredi, selon le ministre de l'Éducation. Le Premier ministre demande des décisions avant la fin du mois. Mardi, un « acte III » est annoncé.
Lancé le 17 septembre en Île-de-France, le mouvement lycéen s'est étendu à tout le pays. Vendredi, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, comptait entre 400 et 500 lycées sur 3 700 où les cours étaient suspendus, et en attendait autant lundi. En Île-de-France, la présidente de région Valérie Pécresse a annoncé que plus de 160 des 468 lycées publics resteraient fermés ce 5 octobre. Le Monde y voit un mouvement « singulier et déjà historique », ancré dans le manque de moyens et les « ratés de la massification scolaire ». Les premiers bilans de la répression sont lourds : plus de 5 000 gardes à vue depuis le début du mouvement, selon franceinfo.
Dimanche soir, Sébastien Lecornu a adressé à ses ministres une feuille de route en « cinq chantiers » : remplacement des professeurs absents, conditions d'enseignement et bâti, organisation du temps scolaire, Parcoursup et démocratie lycéenne. Il exige des premières décisions, avec coût, financement et calendrier, avant la fin octobre, un premier bilan sur les remplacements le 16 octobre et l'accélération du projet de loi « casseur-payeur ». Lundi matin à Lens (Pas-de-Calais), un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade près du lycée Auguste-Béhal. Il n'est pas en danger, d'après le préfet. L'IGPN enquête, sans que l'on sache encore si l'adolescent a ramassé l'engin ou s'il a été lancé sur lui. La CGT veut « protéger le droit à manifester des lycéens » et la Confédération paysanne appelle les agriculteurs à les rejoindre mardi.