Après la main arrachée à Lens, Nuñez suspend les grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen. Dix-huit enquêtes de l'IGPN sont ouvertes
Le ministre de l'Intérieur agit « tant que la lumière n'a pas été faite ». La colère lycéenne persiste, les organisations demandent à être reçues par Lecornu.
Laurent Nuñez a annoncé mercredi sur RTL qu'il suspendait l'usage des grenades assourdissantes « pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite » sur l'affaire de Lens, où un lycéen de 15 ans a perdu une main lundi. Le directeur général de la police nationale avait déjà suspendu à titre conservatoire le modèle de grenade potentiellement en cause. Le maire de Wingles, commune du jeune homme, dit qu'il a été amputé de la main gauche et a reçu une greffe. L'IGPN est saisie de dix-huit enquêtes sur des blessures pendant le mouvement, a précisé le ministre. Il avance un bilan de 6 547 interpellations, dont 488 pour la seule journée de mardi, et plus de 700 policiers et gendarmes blessés.
La suspension ne calme pas la rue. Franceinfo relève que la colère lycéenne persiste malgré le dialogue proposé par Sébastien Lecornu, dont les premières décisions seront présentées « à la fin du mois ». Des organisations de lycéens et d'étudiants demandent à être reçues par le Premier ministre, faute de mesure concrète annoncée par les ministres. Le principal syndicat de chefs d'établissement rejette le « temps de démocratie » proposé par le ministère. Le gouvernement veut reprendre la main, mais il reste sur la défensive sur le maintien de l'ordre, note Le Monde. À Liège, en Belgique, les rassemblements de lycéens sont désormais interdits.